À l’achèvement de certains projets de construction, le maître d’ouvrage doit pouvoir démontrer que les exigences réglementaires en matière d’acoustique ont bien été respectées. C’est notamment l’objet de l’attestation acoustique fin de travaux, qui vient formaliser la conformité du bâtiment sur différents critères : isolation entre logements, bruit des équipements, protection contre les bruits extérieurs ou encore performances acoustiques prévues lors de la conception.
Cette attestation ne doit toutefois pas être considérée comme une simple formalité administrative réalisée au dernier moment. Elle repose sur les choix effectués dès la conception du projet, sur le suivi du chantier et, pour certaines opérations, sur des mesures acoustiques réalisées une fois les travaux achevés.
Alors, quels bâtiments sont concernés ? Qui peut établir l’attestation acoustique ? Quelles mesures doivent être réalisées et comment éviter de découvrir une non-conformité lors de la réception du bâtiment ?
Qu’est-ce qu’une attestation acoustique en fin de travaux ?
L’attestation acoustique en fin de travaux est un document permettant de justifier du respect de la réglementation acoustique applicable à certaines constructions neuves d’habitation.
Depuis le 1er janvier 2024, le dispositif est notamment encadré par l’arrêté du 26 décembre 2023 relatif à l’attestation du respect de la réglementation acoustique applicable en France métropolitaine aux bâtiments d’habitation neufs.
L’attestation est établie sur la base des éléments produits au cours du projet : études acoustiques, choix constructifs, constats réalisés pendant le chantier et, lorsque la réglementation l’impose, mesures acoustiques effectuées à l’achèvement des travaux.
Elle est ensuite jointe à la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux, ou DAACT.
Quels bâtiments sont concernés par l’attestation acoustique ?
L’obligation concerne notamment les bâtiments collectifs d’habitation neufs soumis à la réglementation acoustique.
Elle concerne également certaines maisons individuelles lorsqu’elles sont :
- accolées à une autre construction ;
- contiguës à un local d’activité ;
- superposées à un local d’activité.
Le formulaire réglementaire prévu depuis 2024 distingue ainsi les différentes typologies de constructions concernées.
Tous les projets immobiliers ne relèvent donc pas automatiquement de cette obligation. Il est nécessaire d’identifier les exigences applicables en fonction de la nature du bâtiment, de son usage et de la configuration de l’opération.
Les exigences acoustiques applicables aux bâtiments d’habitation portent notamment sur l’isolation des logements vis-à-vis des autres locaux et sur le niveau de bruit généré par les équipements du bâtiment. La réglementation impose également un niveau minimal de protection contre les bruits provenant des infrastructures de transport lorsque le bâtiment est situé dans un secteur concerné.
Qui est responsable de l’attestation acoustique ?
La responsabilité de fournir l’attestation incombe au maître d’ouvrage.
Il doit transmettre à la personne chargée de l’établir les documents permettant d’évaluer la prise en compte des exigences acoustiques au cours du projet.
Depuis le 1er janvier 2024, le Code de la construction et de l’habitation prévoit que les attestations concernant l’acoustique puissent notamment être établies, selon les conditions réglementaires applicables, par :
- un contrôleur technique ;
- un bureau d’études ;
- un architecte.
Les personnes ou organismes concernés doivent répondre aux conditions prévues par le Code de la construction et de l’habitation et disposer de l’assurance professionnelle nécessaire à ce type de mission.
À quel moment faut-il préparer l’attestation ?
Même si l’attestation acoustique fin de travaux est délivrée à l’achèvement du chantier, sa préparation commence bien plus tôt.
La réglementation prévoit en effet que l’attestation s’appuie sur plusieurs types d’éléments :
- les études réalisées en amont ;
- les éléments permettant de justifier les performances acoustiques retenues ;
- le suivi et les constats réalisés pendant le chantier ;
- les mesures acoustiques réalisées après travaux lorsqu’elles sont requises.
Depuis 2024, le maître d’ouvrage doit notamment remettre à la personne chargée d’établir l’attestation un document relatif à la détermination ou à la vérification des grandeurs acoustiques prises en compte pendant la phase études, ainsi qu’un document récapitulant le suivi réalisé pendant le chantier.
L’acoustique doit donc être suivie tout au long de l’opération plutôt que vérifiée uniquement quelques jours avant la livraison.
Comment vérifier la conformité acoustique d’un bâtiment ?
La conformité acoustique d’un bâtiment dépend de plusieurs phénomènes physiques différents. Une construction peut par exemple présenter une bonne isolation vis-à-vis de l’extérieur tout en transmettant excessivement les bruits de pas entre deux logements.
Les contrôles doivent donc porter sur différents critères en fonction de la configuration du projet.
Les mesures acoustiques réalisées en fin de chantier
Pour les opérations comportant au moins dix logements, l’attestation doit notamment s’appuyer sur des mesures acoustiques réalisées à l’achèvement des travaux.
Ces mesures sont effectuées sur un échantillon représentatif de l’opération selon les modalités prévues par la réglementation.
Elles permettent de vérifier sur le bâtiment réellement construit que les performances attendues sont effectivement atteintes.
Cette étape est essentielle car les performances acoustiques théoriques d’une paroi ou d’un complexe constructif ne suffisent pas toujours à garantir les performances finales du bâtiment.
La qualité de mise en œuvre joue un rôle déterminant.
Une jonction mal exécutée, une traversée technique non traitée ou une modification réalisée pendant le chantier peuvent créer des transmissions acoustiques qui n’étaient pas prévues lors de la conception.
Isolement aux bruits aériens et aux bruits de choc
Parmi les principaux critères étudiés figure l’isolement vis-à-vis des bruits aériens.
Il s’agit par exemple :
- des conversations ;
- de la télévision ;
- de la musique ;
- des bruits provenant des circulations communes.
La performance dépend notamment de la composition des murs et planchers séparatifs, mais également des transmissions indirectes par les façades, cloisons, planchers ou réseaux techniques.
Un autre enjeu majeur concerne les bruits de choc, c’est-à-dire les vibrations transmises directement à la structure du bâtiment.
Les bruits de pas, les déplacements de meubles ou les chutes d’objets sur le sol peuvent par exemple se propager vers le logement situé en dessous.
La composition des planchers, la présence d’une chape flottante, le revêtement de sol et surtout la qualité des désolidarisations conditionnent alors le résultat obtenu.
Bruit des équipements et isolement vis-à-vis de l’extérieur
Les équipements techniques du bâtiment font également partie des éléments susceptibles d’être contrôlés.
Cela peut notamment concerner :
- la ventilation ;
- les ascenseurs ;
- les équipements de chauffage ;
- les installations sanitaires ;
- certains équipements collectifs.
Un équipement peut respecter ses caractéristiques techniques propres tout en générant un niveau sonore excessif dans un logement en raison de son implantation ou de la transmission des vibrations à la structure.
L’isolement de façade constitue également un enjeu important, notamment lorsque le bâtiment se trouve à proximité d’une infrastructure de transport terrestre.
Selon le classement acoustique de l’environnement du projet, des performances particulières peuvent être exigées afin de protéger les futurs occupants contre les nuisances sonores extérieures.
Pourquoi anticiper l’acoustique avant la fin des travaux ?
Attendre les mesures de réception pour s’intéresser aux performances acoustiques constitue une stratégie risquée.
Une non-conformité découverte lorsque les logements sont terminés peut être techniquement complexe et coûteuse à corriger.
À l’inverse, une étude acoustique intégrée suffisamment tôt dans le projet permet d’identifier les contraintes, de définir les performances nécessaires et de vérifier leur bonne traduction dans les choix constructifs.
Intégrer l’étude acoustique dès la conception
L’intervention d’un bureau d’études acoustique en phase conception permet tout d’abord de déterminer les objectifs réglementaires applicables au projet.
L’acousticien peut ensuite étudier différents éléments :
- composition des façades ;
- murs séparatifs ;
- planchers ;
- cloisons ;
- menuiseries ;
- équipements techniques ;
- solutions de désolidarisation ;
- traitement des circulations communes.
L’objectif n’est pas uniquement de choisir des matériaux présentant de bonnes performances en laboratoire.
Il faut également analyser le bâtiment dans son ensemble afin de prendre en compte les transmissions indirectes et les interactions entre les différents éléments constructifs.
Cette démarche permet d’intégrer l’acoustique au projet architectural plutôt que de tenter de la corriger après coup.
Suivre les points sensibles pendant le chantier
Même lorsqu’une conception acoustique est correcte, la mise en œuvre peut modifier fortement les performances finales.
Certaines erreurs apparemment mineures peuvent créer des ponts acoustiques ou réduire l’efficacité d’une solution prévue lors des études.
Par exemple :
- absence de désolidarisation d’un élément ;
- mauvais traitement d’une traversée de réseau ;
- changement de matériau ;
- modification d’une cloison ;
- scellement rigide entre deux éléments devant être désolidarisés ;
- remplacement d’un équipement par un modèle présentant des caractéristiques acoustiques différentes.
Un suivi acoustique du chantier permet d’identifier ces écarts suffisamment tôt pour les corriger avant la fermeture des ouvrages ou la réalisation des finitions.
Les constats réalisés durant cette phase constituent également une partie des éléments utilisés pour établir l’attestation acoustique.
Que se passe-t-il en cas de non-conformité acoustique ?
Si les mesures réalisées à la fin des travaux montrent qu’une performance réglementaire n’est pas atteinte, il est nécessaire d’en rechercher l’origine.
Le bureau d’études acoustique peut alors procéder à un diagnostic permettant d’identifier les voies de transmission responsables du résultat.
Selon la situation, les corrections peuvent concerner :
- une paroi séparative ;
- un plancher ;
- un doublage ;
- une gaine technique ;
- un équipement ;
- une menuiserie ;
- un défaut d’étanchéité ;
- une transmission structurelle.
La difficulté dépend fortement de l’avancement du chantier.
Une correction relativement simple pendant la phase de gros œuvre ou de second œuvre peut devenir beaucoup plus contraignante une fois le bâtiment totalement terminé.
C’est pourquoi les mesures de réception doivent idéalement constituer la dernière étape d’une démarche acoustique suivie pendant toute l’opération, et non le premier contrôle réalisé sur le projet.
Faire accompagner son projet par un bureau d’études acoustique
L’attestation acoustique fin de travaux ne se limite pas à une mesure réalisée quelques jours avant la livraison du bâtiment. Elle traduit la prise en compte des exigences acoustiques pendant l’ensemble du projet, depuis les études jusqu’à la réception.
Pour les maîtres d’ouvrage, architectes et équipes de maîtrise d’œuvre, anticiper ces exigences permet de sécuriser les performances du bâtiment et de limiter le risque de découvrir une non-conformité lorsque les travaux sont quasiment terminés.
EdB Acoustic accompagne les projets de construction en Lorraine et dans le Grand Est à différentes étapes : études acoustiques en phase conception, analyse des solutions constructives, suivi de chantier et mesures acoustiques de réception.
L’intervention d’un acousticien suffisamment en amont permet ainsi de concevoir des solutions cohérentes avec le projet architectural, de contrôler leur mise en œuvre et de vérifier les performances obtenues une fois le bâtiment réalisé.

